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Des oecuménistes canadiens lancent une nouvelle recherche conjointe sur Marie dans le plan de Dieu

Dialogue: Anglican-Roman Catholic
Date published: Feb. 2, 2008
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Des oecuménistes canadiens lancent une nouvelle recherche conjointe sur Marie dans le plan de Dieu

Douze membres du Dialogue anglican-catholique du Canada se sont réunis pour leur rencontre semestrielle au Centre 7400 de Montréal, du 31 janvier au 2 février 2008. Ensemble, ils ont poursuivi le long et patient travail du dialogue international entre leurs deux églises; et ensemble ils ont examiné les développements nouveaux et pressants survenus dans la vie de l’une et l’autre. Ils ont aussi, comme ils le font toujours, prié ensemble matin et soir et (en respectant les limites imposées par la discipline de chacune des églises) célébré ensemble l’Eucharistie.

Une nouvelle question a surgi : la proposition d’un nouveau Covenant (pacte) anglican, actuellement à l’étude dans toutes les provinces de la Communion anglicane à travers le monde. En 2003, l’archevêque de Cantorbéry instituait la Commission de Lambeth sur la communion, dans le but « de rechercher une nouvelle façon de favoriser la communion lorsque de graves différends menacent la vie d’une Église diversifiée d’envergure mondiale ». Le Rapport de Windsor, publié en 2004 par la Commission de Lambeth, a lancé la recherche de formes d’autorité pouvant s’appliquer à toute la communion et capables de soutenir l’unité au cas où surgiraient de profonds désaccords entre les croyants, comme actuellement sur des questions d’éthique sexuelle, l’homosexualité notamment. Un Covenant, auquel pourraient souscrire toutes les provinces anglicanes, permettrait d’exprimer, de définir et de soutenir l’unité ecclésiale. Des avant-projets sont présentement à l’étude un peu partout à travers le monde.

Les membres du Dialogue canadien ont scruté le texte du Rapport de Windsor. Leurs échanges étaient animés par le docteur Gilles Routhier, de l’Université Laval de Québec. Un autre membre du Dialogue, le docteur Catherine Clifford de l’Université Saint-Paul d’Ottawa, a récemment présenté une communication sur le projet de Covenant lors d’un congrès au collège Wycliffe de Toronto, organisé par le SEAD (Scholarly Engagement in Anglican Doctrine). Ces deux théologiens ont souligné que les questions discutées au sein de l’anglicanisme posent aussi de graves difficultés à leur propre église mais sans qu’on les y aborde aussi ouvertement et en contexte synodal. Les deux églises, estiment-ils, s’efforcent laborieusement d’apprendre à devenir des églises véritablement mondiales. Les deux groupes de croyants découvrent que les problèmes qui naissent au point de rencontre de la foi avec une ou plusieurs cultures les acculent souvent à l’extrême limite de leur sagesse humaine. Par quels moyens – traditionnels ou nouvellement conçus – la Providence de Dieu soutiendra-t-elle les églises d’aujourd’hui dans la vérité révélée et dans la paix mutuelle? Quels principes et quelles expériences tirées de la vie de chaque église pourraient aider l’autre à aborder ces questions humainement difficiles en appliquant l’Évangile aujourd’hui avec prudence et véracité? Les conversations oecuméniques ont laissé émerger un consensus sur l’importance du rôle des évêques dans l’histoire de l’église et pour son avenir; cette intuition oecuménique conférera-t-elle du poids à la Conférence de Lambeth, et à l’archevêque de Cantorbéry qui la préside, au sein de l’anglicanisme? Et pourquoi les problèmes sexuels provoquent-ils autant de dissensions au sein de nos églises alors que des questions brûlantes – comme la guerre avec son gaspillage de vies et de ressources – passent d’une génération à l’autre comme si ce n’était pas l’affaire de l’Église d’affronter des questions aussi âpres?

Une conversation animée au sujet de la nouvelle encyclique du pape Benoît XVI, Spe Salvi, a permis d’aborder sous un angle différent le défi pour les églises de s’ouvrir vraiment à l’ensemble de la famille humaine sous l’impulsion de l’espérance évangélique, à l’heure où les courants intellectuels contemporains enseignent l’accès au bonheur par la technique ou l’idéologie.

Poursuivant le travail à long terme du dialogue oecuménique, le groupe a repris l’étude de la déclaration approuvée en 2004 par la Commission internationale anglicane-catholique (ARCIC), Marie : grâce et espérance dans le Christ. Le docteur Joseph Mangina, du collège Wycliffe de Toronto, a animé un échange sur la façon dont l’ARCIC a utilisé l’Écriture, et en particulier l’épître de Paul aux Romains, pour réexaminer et resituer les doctrines mariales promulguées dans l’Église catholique au dix-neuvième et au vingtième siècles. Le docteur Mangina approuve l’approche herméneutique de l’ARCIC, qu’il qualifie de « redécouverte créatrice de la pratique ancienne de l’interprétation du sens figuré de l’Écriture ». C’était autrefois une façon courante de méditer l’Écriture. La méthode typologique, de souligner le docteur Mangina, a été aussi importante pour les premiers Réformateurs que pour les Pères de l’Église. Nous avons lieu de nous réjouir de la voir réhabilitée par les théologiens et les oecuménistes contemporains.

Au fil de plusieurs réunions, le groupe canadien a étudié différents aspects de la déclaration de l’ARCIC sur Marie, publiée en 2004. Il s’estime prêt désormais à produire un court texte dont il espère qu’il pourra aider les paroisses et les dirigeants anglicans et catholiques canadiens à étudier la déclaration internationale et à explorer de concert de nouvelles façons de se mettre à l’école de Marie, la mère du Sauveur. Lorsque le texte canadien sera complété, il paraîtra en anglais et en français dans la revue OEcuménisme, publiée à Montréal.

Les membres du dialogue se sont réjouis d’apprendre que la Conférence des évêques catholiques du Canada est à conclure une entente avec le Centre canadien d’oecuménisme de Montréal. Grâce à ce partenariat, la CECC prévoit diffuser sur le site Internet bilingue du Centre plusieurs des documents et des nouvelles concernant les dialogues oecuméniques bilatéraux en cours.

La prochaine réunion du Dialogue anglican-catholique du Canada se déroulera à Toronto du 23 au 25 octobre 2008.

Étaient présents à cette réunion du Dialogue:
Pour l’Église anglicane du Canada: le Très Rév. Anthony Burton, évêque de la Saskatchewan (coprésident); Mme Ann Cruickshank, de Montréal; le Rév. Kevin Flynn, de l’Université Saint-Paul d’Ottawa; le docteur Joseph Mangina, du collège Wycliffe de Toronto; la Rév. Capitaine Michelle Staples, aumônier des Forces canadiennes.
Absents pour cause de maladie: le Rév. docteur David Neelands, du Trinity College de Toronto; la Rév. Chan. Alyson Barnett-Cowan, directrice du Département Foi, Culte et Ministère du Synode général.
Pour la Conférence des évêques catholiques du Canada : Mgr François Lapierre, évêque de Saint-Hyacinthe (coprésident); le docteur Susan Brown, du King’s University College de l’Université Western Ontario; le docteur Catherine Clifford, de l’Université Saint-Paul d’Ottawa; le Rév. Jacques Faucher, directeur de l’oecuménisme pour l’archidiocèse d’Ottawa; le R.P. Luis Melo, S.M., du collège Saint-Paul de l’Université du Manitoba; le docteur Gilles Routhier, de la Faculté de Théologie de l’Université Laval de Québec. Comme secrétaire, au nom de la CECC, Mme Janet Somerville, de Toronto.